Les idées sont issues de l’inconnu

En agilité, comme dans tous les secteurs qui se veulent innovants, il est nécessaire de trouver les clefs de la motivation des équipes. Cette motivation est le carburant des équipes dans leurs tâches d’amélioration continue. Dans des billets précédents, j’expliquais la nécessité que les actions soient alignées sur les valeurs de l’équipe, mais aussi que les mesurer permettent de leur refléter leurs améliorations. Maintenant, on peut se heurter à un nouvel obstacle qui est le manque d’idées. Alors j’ai cherché des conférences et des articles sur la génération des idées.

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Pour faire naître une idée

Et je suis tombé sur deux conférences, la première de Cédric Villani, il a remporté médaillé Fields en 2010, directeur de l’institut Henri-Poincaré. Dans sa conférence à l’USI 2015, il présente après une introduction passionnante les sept ingrédients indispensables à l’élaboration d’une idée.

  1. La documentation : Il est utopique de penser que nous forgeons nos idées nous-même, ces idées sont souvent une brique portée par des fondations. Ces fondations étant formées par toutes les idées de tous les chercheurs ou innovateurs qui nous ont précédé et qui nous ont transmis leur connaissance. Il met bien en évidence que la technologie aujourd’hui est un atout majeur grâce aux encyclopédies numériques. Elles sont comme des extensions de nos mémoires.
  2. La motivation : Le second point est la motivation, bien que l’on ne sache pas vraiment les déclencheurs de la motivation, elle est un des éléments clef à la génération d’idée. Cette motivation est l’expression de la passion de l’innovateur et sa façon se s’investir dans le projet.
  3. L’environnement : Cédric Villani l’explique bien et l’environnement est un élément important dans la génération d’idée. Il instaure un cadre et une perspective aux problèmes. Votre entreprise possède des compétences, vous allez souvent les utiliser pour résoudre vos problématiques. Le changement d’environnement peut aussi être bénéfique, pensez à modifier souvent votre point de vue !
  4. L’échange avec d’autres innovateurs : On le montre aujourd’hui dans l’agilité, c’est en laissant les mains libres aux acteurs du problème que la solution émerge. L’agilité à ceci de fondamental qu’elle permet à l’ensemble des cerveaux d’une équipe de réfléchir ensemble pour résoudre un problème. Chacun apportant sa pierre à l’édifice teinté de son expérience ou de ses valeurs.
  5. Les contraintes : Les contraintes permettent d’introduire de la difficulté dans le problème mais aussi de s’orienter dans une solution. Il donne des exemples de réalisations artistiques dans lequel les artistes ont su créer grâces aux contraintes, il peut y avoir des cadres où les contraintes sont la source de l’inspiration et non un frein.
  6. Le dosage entre le travail et le repos : Vous vous souvenez de la dernière fois où vous avez une idée pour résoudre un problème la nuit pendant votre sommeil ? le matin en vous levant ? Lors des périodes de repos, le cerveau inconscient continu de réfléchir et communique de temps en temps ses idées au cerveau conscient. Prenez du repos pour être innovant c’est primordial !
  7. La persévérance : enfin, il est facile d’avoir des idées, compliqué d’avoir de bonnes idées mais surtout rare d’avoir de bonnes idées qui n’ont jamais été trouvées avant! La persévérance est la clef de la réussite, il est nécessaire de générer des idées et pour cela il faut prendre les occasions comme elles arrivent, accepter les « chances » qui s’offrent à nous. Sortir de sa zone de confiance …

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La chance sourit aux audacieux

Ce qui fait une excellente transition pour la seconde conférence de Philippe Gabilliet, toujours à l’USI 2015. Dans sa conférence nommée « La chance sourit-elle aux audacieux ». Il montre avec talent que pour avoir des idées il faut avoir du courage. Le courage d’aller au-delà des limites pour explorer de nouveaux horizons sans avoir forcément conscience du résultat ou même de la réussite de notre projet. Mais attention, l’art est de doser cette chance, il fait la différence entre l’audace et la témérité. L’audace est ce qui permet d’innover sans forcément prendre trop de risques, sans entrer dans la « Zone interdite ». La témérité est ce qui fait que vos actes vont trop loin et vous amène à prendre de gros risques. Selon lui toutes les innovations sont source de perturbation, l’art d’innover c’est l’art de perturber suffisamment pour que les idées naissent, sans détruire le système.

Lors de sa conférence il cite Jean Cocteau, qui exprime parfaitement cette idée : « L’audace c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin ».

Mon avis : 

L’innovation n’est qu’une des clefs de la réussite, on voit dans l’histoire de nombreuses entreprises qui sont nées de l’innovation. L’un des plus connus étant Gore & Associates qui a créé l’ensemble de son entreprise autour d’une innovation qui est le Teflon. L’entreprise est articulée maintenant autour de près de 8000 associés parfaitement libre de réaliser leurs idées. Ils ont d’ailleurs inventés de nombreux produits à partir des idées de leurs associés. Dans beaucoup d’entreprises dîtes « Agiles » on favorise l’innovation au travers de projet transverse. Ainsi Google permet d’allouer 20% du temps à ses employés pour réaliser leurs idées. Chez Facebook, Linked In ou Google ils prennent la forme de Hackathons (ou Hackdays). Ces périodes libres sont par contre souvent cadrées, non pas pour contraindre les expérimentations mais pour inciter tous les acteurs à l’utiliser. Comme le dit Cédric Villani, c’est en utilisant les idées des autres qu’on se forge nos propres idées. Ainsi pendant ces périodes ils échangent, et crééent de nouvelles idées ensemble. Bref, On y revient souvent, et la liberté d’action des employés, leur investissement dans l’entreprise est ce qui lui donne une inertie importante.

L’expérimentation est aussi un concept indispensable à l’amélioration continue d’une équipe agile. Dans son livre #Workout, Jurgen Appelo mets en évidence que l’apprentissage dépends de l’expérimentation. Ces zones d’innovation sont aussi le lieu de beaucoup d’expérimentation, et comme le cadre l’autorise on peut essayer tout ce qui nous inspire et ainsi espérer des bonne surprises. Reste maintenant à le transmettre l’idée aux entreprises françaises. Posez la question autour de vous, qui peut allouer du temps librement au travail pour expérimenter ou innover ?

Pour info :

Les deux conférences de Cédric Villani et Philippe Gabilliet et une vidéo bonus  :

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