Mesurer l’environnement pour motiver les équipes

Dans la recherche de la motivation d’une équipe il y a un élément essentiel : l’inertie. On peut voir l’inertie comme la force qui tend à conserver la vitesse de progression d’une équipe. En deux mots il est compliqué de motiver une équipe non motivée, et inversement une équipe qui a conscience de ses avancées restera motivée pour progresser. Il est donc important de travailler sur cette inertie en mettant en évidence les changements et sa progression. On note souvent ce feedback à l’agilité : On a moins l’impression de progresser, car on est passé de grands bonds une ou deux fois par an à des petits pas tous les jours.

Pour mettre en évidence ces progressions, il faut refléter les changements aux équipes, et pour cela on peut utiliser les métriques. Je vous propose une synthèse de ce que j’ai pu lire ou entendre sur les métriques. afin de savoir quand et comment les utiliser.

Les métriques internes oui, les métriques externes non !

Tout d’abord, il faut bien mettre en avant le fait que les métriques doivent pour avoir un seul objectif, le reflet des modifications de l’équipe pour l’équipe. Quand on utilise des métriques pour évaluer la performance d’une équipe, ou quand on introduit des primes sur objectif, on introduit un axe de jeu à l’évolution de la métrique. Ce bénéfice est facile à obtenir en jouant avec les valeurs, alors au lieu d’avoir une amélioration sereine, on a simplement une modification des facteurs de calcul sans réel progrès. Un exemple simple : Si je suis évalué au nombre d’histoires réalisées, je vais découper plus finement mes histoires afin d’en avoir un plus grand nombre. Si je suis évalué au nombre de points réalisés, je vais les gonfler, de toute façon toutes les estimations sont fausses par définition. C’est pourquoi il faut que les métriques soient créées par l’équipe et visible uniquement par cette dernière.

Beaucoup de métriques simples plutôt que des métriques précises

Quand on essaie d’améliorer une métrique en effectuant une action, on y arrive (presque) toujours. Seulement c’est souvent au détriment d’un autre point. Pour palier ce problème il faut essayer de couvrir l’ensemble des leviers associés aux modifications que l’on souhaite apporter. Par exemple, si vous souhaitez travailler sur la vélocité d’une équipe, alors il faudra aussi surveiller des indicateur de qualité du code, de qualité du produit, de couverture de tests, de stabilité d’estimations, du nombre d’histoires réalisées… Plus la zone est couverte, plus l’apprentissage sera important. L’important est de choisir des métriques simples ou automatiquement calculées. Il faut ensuite les noter à intervalle réguliers (Jours/Semaines/Sprint) afin de voir leur évolution.

On mesure le changement pas l’amélioration

Il ne faut aussi pas considérer l’évolution d’une métrique comme la réalisation de notre prédction. Le changement d’une tendance sur une métrique n’indique qu’un changement, il est nécessaire d’en discuter ensuite avec l’équipe afin de clarifier que ce changement soit bien contrôlé et qu’il ne se réalise pas au détriment d’un autre axe important pour elle (qui ne serait pas encore mesuré). On se sert alors de ces métriques comme source de discussion aux rétrospectives de l’équipe.

La prédiction de leur évolution permet l’apprentissage

On peut aussi se servir de ces métriques pour apprendre. Dans la méthode de Toyota Kata ou des Formats A3, on essaie de prévoir l’évolution des métriques associées à une action que l’on souhaite entreprendre. Ensuite, après réalisation de l’action, on peut alors mettre en perspective l’évolution de la métrique et notre prédiction. Cette réflexion permet d’apprendre plus rapidement et habituer l’équipe à réfléchir autour de ces métriques.

La visibilité permet de vivre l’évolution des métriques

Enfin, il ne suffit pas de synthétiser ces métriques, il faut qu’elles deviennent part entière de l’équipe, pour cela le mieux est de les afficher tout le temps avec un tableau de bord. Installez un écran avec un tableau de bord indiquant les métriques choisies par l’équipe. Cela permet de motiver l’équipe aussi entre les rétrospectives en voyant ces indicateurs changer.

Les métriques quand elles sont bien utilisées peuvent être un bon indicateur du changement, il faut ensuite les exploiter et les étudier afin de confirmer qu’elles représentent toujours ce qu’on veut qu’elles représentent. N’oubliez pas de mesurer ce que vous voulez voir progresser, mais aussi ce que vous ne voulez pas voir régresser. Enfin, si vous voulez une peu de lecture sur le sujet, je vous conseille le livre de Jurgen Appelo, #workout (gratuit) qui donne des pistes de réflexions assez intéressantes.

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