La confiance est une ressource d’expérimentation

Tout le monde connaît la citation d’un inconnu « Il faut des années pour construire une confiance, mais seulement quelques secondes pour la détruire ». J’aime percevoir la confiance comme une ressource que l’on gagne et que l’on perd en fonction de nos interactions avec les autres. Avec quelques expérimentations il est facile de mesurer le niveau de confiance avec d’autres personnes et en déterminer les limites. Je propose ici un début d’idée sur la modélisation de la confiance comme monnaie d’échange pour nos comportements ou expérimentations.

Le mot français étant sujet à ambiguïté, je parle ici bien de confiance envers les autres (trust en anglais), la confiance en soi étant un cas un peu particulier. Ma réflexion part du constat que nos actions ou nos échanges sont toujours interprétés ou appréciés de façons différentes avec tous les individus. Certaines personnes nous soutiennent et d’autres nous rejettent. Puis à force d’efforts ceux qui nous rejettent finissent par nous soutenir … ou inversement en cas d’abus. Il existe donc un ensemble d’interactions qui permettent de changer la perception de nos actions avec chacun des individus. Je propose ici de modéliser cette confiance, par une ressource qui peut augmenter ou diminuer en fonction de nos interactions.

Tout d’abord, il faut voir que ce niveau de confiance est propre à chaque couple d’individus, vous trouverez facilement dans votre entourage deux personnes très proches entre elles, qui pourtant n’ont pas le même niveau de confiance avec vous. Vous avez donc un niveau de confiance indépendant avec toutes les personnes que vous connaissez.

Je propose alors un premier ensemble de règles (disons un premier jet) qui permettent de décoder ces modifications du niveau de confiance.

  • Si ma confiance en lui est élevée et que nous sommes en interaction sur un point sur lequel nous sommes d’accord, aucun problème ma confiance augmente.
  • Si ma confiance en lui est élevée et que nous sommes en interaction sur un point sur lequel nous sommes en désaccord, alors nous allons entamer un débat réduisant doucement notre niveau de confiance. En cas de très forte confiance, il se peut juste que l’autre accepte notre point sans le remettre en cause.
  • Si ma confiance en lui est faible et que nous sommes en interaction sur un point sur lequel nous sommes d’accord, alors ma confiance en lui augmente.
  • Si ma confiance en lui est faible et que nous sommes en interaction sur un point sur lequel nous sommes en désaccord alors nous entrons dans un conflit.

Je remarque aussi que ma confiance en une personne est amenée à changer dans des cas où nous ne sommes pas directement en interaction. Ainsi si je remarque que cette personne apprécie un groupe en qui je n’ai pas confiance, je vais sans doute modifier mon point de vue sur elle… Du moins le temps de vérifier mes craintes.

Du coup, j’ai envie de conclure que toutes les interactions qui nous incluent ont une influence sur ces niveaux de confiance. Autant les interactions actives (dont je fais partie) que les interactions passives (dont je ne suis qu’observateur) (Un mot, un geste, un mail, un discours, une attitude, une réaction, une émotion) influent sur ces niveaux de confiance.

Cette vision est sans doute simpliste, mais permet facilement d’expliquer à un groupe leurs relations et surtout comment les améliorer.

Mise en pratique

Prenez une feuille de papier, dessinez vous au centre, puis et représentez autour de vous les personnes qui font partie de votre équipe, ou avec lesquelles vous avez le plus d’interactions. Puis représentez par un arc entre deux personnes leurs niveaux de confiance.

  • Niveau 0 : Pas d’arc, nous sommes en conflit nous évitons de communiquer
  • Niveau 1 : Pointillés, nous communiquons dans le cadre professionnel occasionnellement
  • Niveau 2 : Arc plein, nous travaillons souvent ensemble, mes interactions avec cette personne sont plus productives que ce que nous aurions réalisé individuellement
  • Niveau 3 : Arc gras, nous partageons beaucoup plus qu’un cadre de travail. Nous sommes amis et nous nous soutenons mutuellement dans nos opinions ou expérimentation.

 

Network

 

Faites faire cet exercice à tous les membres de votre réseau et dessinez le réseau de votre groupe ou équipe. Vous remarquerez que la perception d’une relation est vue différemment par les deux personnes en interaction. Cette abstraction de la confiance permet d’aider les individus à modéliser leurs relations avec les autres. C’est une base de discussion intéressante, notamment dans le cadre d’une rétrospective.

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